Les chauffeurs routiers égyptiens face à l’obstacle de Rafah

Les chauffeurs routiers égyptiens face à l'obstacle de Rafah

Depuis près de deux ans, les chauffeurs routiers égyptiens sont en première ligne d’une mission humanitaire, acheminant une aide vitale à Gaza. Ils doivent franchir l’un des postes-frontières les plus difficiles au monde : celui de Rafah. Mais le franchir est loin d’être simple.

Les chauffeurs passent des semaines stationnés du côté égyptien, attendant l’autorisation des autorités israéliennes. Une fois l’autorisation obtenue, le calvaire continue. Leurs camions sont soumis à des inspections rigoureuses des deux côtés de la frontière, un processus qui peut durer jusqu’à 18 heures. Chaque cargaison, déjà pré-approuvée, est passée aux rayons X et contrôlée à nouveau au poste-frontière voisin de Kerem Shalom.

Medhat Mohamed, chauffeur transportant des denrées alimentaires essentielles comme de la confiture, du miel, des haricots et du houmous, partage la frustration de ce processus. Après deux semaines d’attente, il était parfois refoulé avec des réponses simples comme « Le temps est écoulé » ou interrogé sur la raison de sa présence et sur le destinataire de cette quantité de nourriture.

De nombreux chauffeurs passent des semaines sans voir leur famille, se privant ainsi d’autres opportunités de travail. Medhat al-Shaer explique que si des centaines de camions font la queue pour le contrôle, seule une petite fraction est autorisée à passer. La plupart sont refoulés sans explication, ce qui laisse les chauffeurs bloqués et retarde l’acheminement de l’aide.